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21.02.2008

Dix-huitième AlmaSoror

Dix-huitième édition du journal d'AlmaSoror


Chaque mois, les parisiens sont invités à participer au romanphoto de VillaBar, organisé par AlmaSoror. Voici le quatrième romanphoto de l'année, écrit par Iris Ducorps.

Que la mort nous rassemble


La traduction missionnaire et prosélyte vous raconte un bout de son histoire. Cette histoire, qui ne se croit pas exhaustive, est racontée à la première personne du singulier par la traduction elle-même, et se déroule à travers plusieurs numéros d'AlmaSoror. Voici le second épisode :


Qu'est-ce que la conversion ?


Laurent Moonens descend de son nuage abstrait, charmé par sa récente compréhension du format du papier. Il nous fait partager (mathématiquement quand même) sa récente découverte. Le mathématicien belge en profite abusivement pour blaguer le mariage royal du président français.

Hommage au Dr Porstmann, à la Reine d'Angleterre et à racine carrée de 2


David Nathanaël Steene, inspiré par une suite photographique de Sancha (des gamins turcs sautant librement du port d'Istanbul), a écrit un très court texte criant :

que deviennent nos forces vitales ?


Les lecteurs de la page des langues du numéro précédent trouveront les réponses aux questions ici


Pour s'abonner à AlmaSoror, il suffit d'écrire à almasoror.plateforme@gmail.com, avec l'objet "abonnement"

14.02.2008

Dépsychiatriser le monde

Je reproduis ci-dessous la pétition signée à l'occasion du procès en appel de Jérôme Martin, ancien président d'Act Up-Paris, poursuivi par Colette Chiland, psychiatre et auteurE de Changer de sexe :

Le mot intéressant de cette pétition est « dépsychiatrisation ». Car en effet, mieux vaut tomber d’un côté que de l’autre de la psychiatrie !

Le docteur de l’esprit est dans une posture de toute puissance puisque il sait mieux que le « malade » ce que celui-ci a dans l’esprit, dans le cœur. C’est en cela que la psychiatrie est pernicieuse et violente. Sous couvert de soin et d’humanisme, elle dépossède l’ausculté du discours sur lui-même. Elle le juge incapable de s’autodéfinir. Elle dénigre donc sa parole, qui ne peut être que « parole de malade, parole de souffrant, mais qui n’est plus parole d’homme libre.
La dépsychiatrisation de la question homosexuelle a été salutaire pour ceux qui souhaitent vivre tranquillement des relations homosexuelles. Au passage, je salue la mémoire de l’inventeur de l’ordinateur, Alan Turing. Le premier numéro du journal d’AlmaSoror lui dédiait cet hommage, à lui, mort en 1954, par suicide. Il prenait un traitement de castration chimique, alternative douce qui lui avait été proposée pour éviter la prison. Motif de la condamnation : mœurs homosexuelles. C’était avant la psychiatrisation puisque c’était un crime. Maintenant, ce n’est plus ni un crime, ni une maladie. Les décisions judiciaires et diagnostics psychiatriques sont toujours rudes ; toutefois ils changent de cible régulièrement !

La pétition :

« Oui, les conséquences des discours et des pratiques psychiatriques sur les personnes transgenres peuvent et doivent être dénoncées

Oui, on peut et doit dire que des psychiatres détruisent les vies de personnes transgenres quand leurs propos ou leurs pratiques rabaissent, insultent, infériorisent les trans ;

Oui, on peut et doit dire que des psychiatres détruisent les vies de personnes transgenres quand ces médecins ont refusé d'entendre la parole, individuelle ou collective, des trans qui leur demandaient de cesser de les considérer comme des malades mentauxLES ;

Oui, on peut et doit dire que des psychiatres détruisent des vies de personnes transgenres quand ces psychiatres ont négligé d'alerter les pouvoirs publics sur l'impact du sida chez les trans, alors que ces médecins étaient en première ligne pour en voir les premiers signes ;

La transphobie existe et ne pourra être efficacement combattue que si l'on reconnaît qu'elle détruit les vies des personnes transgenres. Le discours psychiatrique officiel est un terreau fertile à cette transphobie. Les conséquences des discours et des pratiques psychiatriques sur les personnes transgenres peuvent et doivent être dénoncées.

Nous demandons que la justice reconnaisse l'impact de la transphobie sur les personnes. Nous demandons par ailleurs la dépsychiatrisation de la question trans »

UpRightDown !

J’ai découvert avec plaisir ce matin, sur le site de URD – qui voulut dire U Are Dreaming et signifie désormais UpRightDown-, la première édition de nouvelles. C’était un véritable de plaisir de lire les productions des uns et des autres.
Je présente cette initiative de URD : mon ami Ari Lieberman, fan de l’OuLiPo et manitou de URD, m’y a initiée.
URD est un jeu collectif d’écriture. L’équipe de URD présente une intrigue ; chaque auteur devra écrire un texte qui respecte l’intrigue, en y ajoutant une contrainte personnelle.
La beauté du projet, comme me le faisait remarquer Axel ce matin (c’est aussi écrit sur le site de URD mais je n’avais pas noté ce point), c’est que les œuvres n’existent que par rapport aux autres. Une œuvre de URD isolée n’en est point une. C’est l’agglomération d’écrits autour de l’intrigue commune qui donne à chaque texte sa saveur particulière.

L’écriture est multiple et infinie. On en a tous des définitions différentes, on peut aussi changer d’avis avec le temps (ça m’est souvent arrivé)… Le principe OuLiPien, qui est aussi celui de URD, est que l’écriture est d’abord jeu de langage, jeu avec le langage. Loin de la Muse méprisante et hautaine qui ne choisit que ceux en qui elle daigne se reconnaître, l’écriture comme jeu est ouverte à tous ceux qui veulent jouer le jeu. Maîtres du langage ou amateurs timides, le grand jeu des mots vous est ouvert. Faites le premier pas sur la piste et vous êtes écrivain.

13.02.2008

personnages à la croisée des chemins réels et virtuels

Un petit post pour remercier les acteurs réguliers des romanphotos de VillaBar. Ceux qui, venus une fois, reviennent assidûment camper leurs personnages.

Outre Ondine Frager et Jean-Pierre Bret, qui étaient là dès le début de l’aventure… et qui campent depuis le début Lilas L.S. Snuk la mystérieuse et John Peshran-Boor le rocker déjanté.

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On a William Fontaine, élégant Andreï Tarkov, flic honnête dans Ginna l’empoisonneuse, Boxeur chevaleresque dans Piège brutal et dandy fantômatique dans Que la mort nous rassemble.
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Boris Bérard est Stanislas Tichy, truand épouvantable, mais, bien que l’on tente d’échapper à une telle attirance, très attachant. On ne peut s’empêcher de vouloir que tout se termine bien pour lui, malgré ses crapuleries. Peut-être parce qu’il est courageux. Peut-être parce qu’il fait partie de ces personnages hors la loi et hors les mœurs qu’on aurait rêvé d’être ou de croiser…
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Inès et Emaé Berlet, sœurs dans la vie et sœurs ennemies dans VillaBar. Elles ont été crées par Mathieu Granier pour le romanphoto Ginna l’empoisonneuse, bien que le visage d’Emaé Berlet apparaît furtivement dans le Retour de Bob Mushran. Elles reviennent en force pour jouer les gouvernantes de la villa de Lilas L.S. Snuk dans Que la mort nous rassemble.
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Nicolas campe un William Spade fort sympathique malgré ses lâchetés (il laisse tomber Lilas à la fin de Ginna l’empoisonneuse).
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Wieslawa Tolko est Yeux Noirs. Son rôle lui va si bien qu’on ne l’appelle plus que Yeux Noirs, et beaucoup de gens ignorent son vrai prénom. Le même regard traverse tous les romanphotos, quel que soit le déguisement (minette sans foi ni loi dans le Retour de Bob Mushran, Russe blanche dans Piège brutal, fantômatique vamp dans Que la mort nous rassemble…)
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Et tous les autres… Car en dehors des romanphotos, ces personnages et d’autres continuent leur vie sur le blog des personnages de VillaBar. Les auteurs des romanphotos puisent au blog comme le blog puise aux romanphotographiques. Certains personnages, nés sur le blog, ont été récupérés pour les romanphotos. D’autres, nés dans un romanphoto, ont glissé vers le blog.
Les personnages de VillaBar sont tributaires de leurs acteurs, c'est-à-dire des gens qui viennent à VillaBar le troisième dimanche du mois, entre 19h et 22h.

Certains ne sont venus qu’une fois. On aimerait bien les faire vivre encore, on les attend, on les espère. Telle Joan Yufitran, que personne n’a reconnue sur les photos : qui se cache derrière la belle Joan ?
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Le saura-t-on un jour ? Elle est venue à VillaBar en décembre, a été photographiée, est née comme Joan Yufitran sur le blog et on n’a plus jamais entendu parler d’elle. Si vous la connaissez, dites-le ! Dites-lui qu’elle est la belle Joan Yufitran et qu’on a besoin d’elle pour rehausser le bonheur de son frère Miles (joué par le scénariste Mathieu Granier).
Je cite Joan mais d’autres inconnus ont prêté leur visage une fois… et nous guettons leur éventuel retour.

Le romanphoto écrit par Iris Ducorps a été mis en ligne ce matin sur le site de VillaBar. C’est le premier romanphoto entièrement noir et blanc de VillaBar. Une histoire de cauchemar fantomatique, ou de fantômes cauchemardesques. Heureusement, l’enfer n’est jamais très loin du paradis. C’est ce que comprend le héros Stanislas Tichy, ou du moins, c’est ce que j’ai compris en lisant l’histoire.

11.02.2008

Qui est John Peshran-Boor ?

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John Peshran-Boor alias Jean-Pierre Bret et Venexiana Atlantica par Olivier Estord



John Peshran-Boor est né au début des années 2000 sur un document d’ordinateur. C’était une nouvelle écrite en vrac.
Puis John Peshran-Boor est sorti de l’ordinateur après un long temps de silence. Il en est sorti pour se faire prendre en photos. Pendant deux soirs, nous avons réalisé des photos dans la chambre de Sam, transformée pour l’occasion en antre mal famée.
Les héros enfumés de ce romanphoto John Peshran-Boor sont interprétés par Jean-Pierre Bret (John Peshran-Boor), Ondine Frager (la narratrice, qui n’avait pas encore de nom), Florence de Courtenay, Sara et Susanne Nies (les prostituées), Xavier Guillois, Nathan Bellaïche, Samuel de Cornulier, les malfrats du bar. Les photographes étaient Sara et moi.
Pour trouver le grand John, j’avais pris mon courage à deux mains, et, au milieu du cours de piano que je prenais au centre Saint-Michel, j’ai interrompu mon prof pour lui demander si cela l’intéressait de participer à une œuvre (informelle) commune…
Il a dit oui.
Nous nous sommes rendus compte ensuite que les initiales de Jean-Pierre Bret et de John Peshran-Boor sont les mêmes…
Doit-on dire John Peshran-Boor alias Jean-Pierre Bret ou Jean-Pierre Bret alias John Peshran-Boor ?
Grand silence à nouveau.
John Peshran-Boor est sorti un an plus tard dans le journal d’AlmaSoror.
Grand silence à nouveau, sauf que John Peshran-Boor était lisible, et lu, en ligne.

Puis nous lançâmes en octobre 2007, VillaBar, l’art de bar libre et gratuit, au Piston Pélican.
Chaque troisième dimanche du mois, chacun est invité à venir boire un verre ou manger une tarte au Piston Pélican entre 19 heures et 22 heures. Des photographes prennent des photos de la soirée, qui se déroule selon un thème. Ensuite, une sélection de photos est donnée à un auteur, qui pond un texte. Le résultat, un romanphoto, sort sur le site de VillaBar et dans le journal d’AlmaSoror du mois suivant, puis est exposé à la lecture au Piston Pélican.

Comme j’étais la première auteur de VillaBar, et que les deux acteurs principaux de John Peshran-Boor étaient présents, j’ai décidé d’écrire la suite de John. Le personnage d’Ondine Frager a reçu un nom, Lilas L.S. Snuk.
L’auteur du VillaBar suivant, Mathieu Granier, a repris la suite.
L’auteur du VillaBar suivant, Sara,a repris la suite.
Il était devenu évident que VillaBar et la série John Peshran-Boor s’étaient mariés.
L’auteur suivant, Iris Ducorps, a repris la suite.
Antonio Zamrora, qui va écrire le prochain, reprendra le flambeau.

Depuis le début de VillaBar, voici les thèmes des soirées et les titres des romanphotos écrits :

Octobre. Thème : mariage décadent. Romanphoto : Le retour de Bob Mushran.

Novembre. Thème : POLAR : Espionnage durant la guerre froide. Romanphoto : Ginna l’empoisonneuse.

Décembre. Thème : Ring : boxeurs, parieurs et groupies. Romanphoto : Piège brutal.

Janvier. Thème : Le banquet annuel des fantômes. Romanphoto : Que la mort nous rassemble.

Le thème du VillaBar de février est Conte pour enfants. Venez partager cette expérience le dimanche 17 février 2008 au bar du Piston Pélican, 15, rue de Bagnolet, Paris, Métro Alex Dumas. Entre 19h et 22h.

02.02.2008

Un roman autobiographique de Vénéxiana Atlantica

Je publie désormais des chroniques fictives sur le site Univers de Sara.
Je commente ainsi des films et des livres qui n'ont pas encore été tournés et écrits mais le seront peut-être un jour.


J’entendais ta guitare pleurer

Oisive jeunesse
A tout asservie,
Par délicatesse
J'ai perdu ma vie.
Ah ! Que le temps vienne
Où les coeurs s'éprennent.

Tout au long du livre un poème revient. Ce poème, c’est la Chanson de la plus haute tour, d’Arthur Rimbaud. Vénéxiana Atlantica a vécu bercée, baignée par ce poème et elle écrit encore cette autobiographie –ce roman inspiré du réel, ou peut-être cette réalité romancée – sous l’inspiration de cette courte et majeure pièce du poète rebelle français.
Il semble que le livre entier est une suite de variations sur la chanson de la plus haute tour.

Je me suis dit : laisse,
Et qu'on ne te voie :
Et sans la promesse
De plus hautes joies.
Que rien ne t'arrête,
Auguste retraite.

En dépit de son titre mièvre, J’entendais ta guitare pleurer est un grand livre. Un livre qui restera sur les étals des libraires longtemps après que la diva Vénéxiana Atlantica, qui nous livre ici son autobiographie romancée, aura quitté ce monde. Un livre qui continuera à passionner tant que la musique beith, ce magnifique art populaire du XXIème siècle, résonnera dans les oreilles des mélomanes et des poètes en herbes, ainsi que de tous les fils et les filles de la révolte et de la liberté.

J'ai tant fait patience
Qu'à jamais j'oublie ;
Craintes et souffrances
Aux cieux sont parties.
Et la soif malsaine
Obscurcit mes veines.

Ce qu’Atlantica raconte, ce n’est pas seulement sa vie, mais les rêves et les combats de millions d’être humains de sa génération. « Nous rêvions de demain, qui serait mieux, mieux que le lycée, mieux que le gris des jours et le marron de la nuit, mieux que les têtes des professeurs et les têtes de nos camarades. Mais c’était illusion : nous étions libres, bien qu’esclaves, puisque ce n’étaient pas nous qui tenions les chênes. Nous étions libres au fond de nous, et nous savions rêver ».
Brûlés par les désastres écologiques des années grises, ceux qui se sont levés pour inventer la musique beth et crier leur amour du monde animal et du catholicisme antispéciste sont décrits avec cœur par une femme qui les connut de l’intérieur, puisque elle fut un de leurs guides.

Ainsi la prairie
A l'oubli livrée,
Grandie, et fleurie
D'encens et d'ivraies
Au bourdon farouche
De cent sales mouches.

Quelques passages édifiants valent d’être reproduits ici :
« A l’époque Bob n’était pas encore ivre tous les soirs et nous ne buvions que dix canettes de daleth lors des répétitions. Je me souviens de Lilas dansant en hauts talons, divine, sous nos regards délictueux, à lui et à moi. Je me souviens que les journaux déclaraient que la guerre allait commencer et nous crachions sur les nouvelles pour mieux laisser l’imaginaire coloniser, lentement, puissamment, notre vie. Nous lisions Edith Morning : « Si j’avais su que les rêves sont réels et le monde illusion, j’aurais inversé ma vision de la liberté et celle de la prison. Mais les menteurs amers disent décriant les images qu’elles sont illusoires, et nous entraînent dans leur « réel » qui n’existe que dans leurs sombres couloirs ».
Ce style direct, vivant, enlevé, maintient tout le roman dans cette course à perdre haleine contre la vieillesse qui se fraye un chemin dans la vie de Vénéxiana et qui l’emmènera un jour de l’autre côté de la mort. Car c’est un livre qui n’oublie jamais que la mort est dans la vie, que la mort, c’est la vie, que la vie EST la mort. Vivre, c’est mourir. Refuser de mourir revient à refuser de vivre.
« La vie nous a menti. Elle s’était voilée pour nous paraître facile ; nous avions cru à des avenirs beaux comme des soleils chargés d’une pluie tiède. Il n’en fut rien. Chaque pas vers le rêve est un pas vers la désillusion. Si nous bougeons, nous sombrons tous ensemble dans le noir abîme du désespoir immense».

J’entendais ta guitare pleurer est un livre qui tranche, qui blesse, qui cogne à chaque page. Vous sortez de sa lecture groggy, comme on sort d’un combat de boxe. Ce livre est un ring, où la vie danse, dense, de façon étonnamment intense. Chaque page vous balance sa dose de coups de poings qui vous renversent les idées et vous décrochent le cœur. Chaque phrase est une vague qui peut vous engloutir définitivement. Le témoignage de cette femme, qu’on a tant décriée, qui s’est battue pour sa liberté d’être elle-même et qui n’a jamais tombé les armes est un grand moment de crépuscule psychologique.

Ah ! Mille veuvages
De la si pauvre âme
Qui n'a que l'image
De la Notre-Dame !
Est-ce que l'on prie
La Vierge Marie ?

Nous l’avons dit dès le début de cet article, malgré son titre presque mièvre, J’entendais ta guitare pleurer est un roman d’une puissance subjugante. Il faut dire aussi que la guitare que l’auteur aimait à écouter pleurer, c’était celle d’un ami intime qui fut aussi un grand homme, un homme qui traversa le siècle sans se passer des sommets de la misère et des bassesses de la gloire. La guitare de John Peshran-Boor.

Il ne reste plus qu’à espérer que Vénéxiana Atlantica trouvera le repos, dans une retraite bien méritée, maintenant qu’elle a fini son œuvre dernière. Son oisive jeunesse a passé. Elle aura été créative, fulgurante. Elle nous aura fait flamboyer. Il en reste quelques disques et un livre, ultime message d’une âme qui se crut vendue au diable quand elle n’était que trop angélique. Adieu Vénéxiana, puisque vous nous dîtes adieu. Nous entendrons encore longtemps votre guitare pleurer.

E CL
2054

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