17.04.2008

Etrange texte d'Esther Mar

VillaBar 6 = Hymne à Baudelaire, au Nouveau Testament et à Aragon.

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(Photo Sara) La dernière auberge raconte une histoire ouverte, onirique. Loin des scénarios aussi limpides que balisés les mots suggèrent plus qu’ils ne racontent, ils dévoilent plus qu’ils ne confessent. J’ai eu l’impression aussi que cela parlait du jour et de la nuit. Un ange se promène au Manoir de VillaBar et tente d’entraîner les fêtards du Manoir sur les routes de perdition. Il y parvient, et Dieu-Saturne n’y peut rien : il arrive trop tard pour sauver ses ouailles. La dernière auberge n’est-elle pas une variation sur le thème de Dorian Gray ? Lys de Fleur fête son anniversaire au Manoir. Au beau milieu de la soirée, alors qu’elle souffle les bougies de son gâteau, elle entrevoit une très belle femme plus âgée qu’elle : elle comprend que cette femme, c’est elle-même, ou plutôt, ce serait elle-même si elle acceptait de vieillir. Heurtée, elle se lève, tombe, et ne sortira plus de son coma. Car les fêtards de VillaBar festoient pour oublier la mort et contrer la vieillesse. Mais lorsqu’ils arrêtent de tourner, la vérité réapparaît. Or, nous devons au moralisme profondément catholique – bien que souvent peu orthodoxe – d’Esther une conclusion qui en inquiétera certains, en soulagera d’autres. Ne pas vieillir, ne pas mourir, c’est possible. Hélas, c’est justement le chemin de la damnation. Notre héroïne Lys de Fleur, entrant dans son coma puis dans la mort, est donc sauvée. Ceux qui meurent sont sauvés de l’éternité damnatoire, tandis que ceux qui suivent l’ange demeurent jeunes et beaux, certes, mais en enfer. Il ne reste plus qu’à apprécier l’enfer. Sara dit qu’après lecture de Dante, le lieu ne lui semble pas si désagréable que le paradis et le purgatoire. Peut-être. Mais l’enfer d’Esther, à peine décrit, juste ébauché, ne me donnait pas envie. Esther Mar a prit des libertés. Elle a renommé John Peshran-Boor (alias Jean-Pierre Bret) Saturne, et Venexiana Atlantica, morte, a donné son visage à l’Ange du Mal. (C’est moi qui joue Venexiana, donc l’ange du mal). Un symbolisme inquiétant entoure l’Europe, personnifiée par le personnage de Mavra (créée par Sara, reprise par Iris Ducorps, puis Antonio Zamora, puis par les auteurs du blog des personnages de VillaBar). Bref, la dernière auberge, sixième roman photo villabarien, est un monde de symboles qui tranche avec l’univers joyeux et léger d’Antonio Zamora (cinquième VillaBar, Le Chevalier de l’Amour) sans trancher avec VillaBar.

15.03.2008

Un rayon de piano sur un vieux film

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Au dernier VillaBar, John Peshran-Boor s’est fait la malle le temps d’un WE pour laisser œuvrer son double, Jean-Pierre Bret. Je suis allée entendre Jean-Pierre Bret improviser au piano le mois dernier sur la projection d’un film de 1928, un rayon de soleil sur Paris. Le film décrit un dimanche parisien (et banlieusard) typique à l’époque. J’ai eu la surprise, en allant saluer le pianiste à la fin de la séance, d’apprendre qu’il n’avait vue qu’une fois le film avant. En l’écoutant, je me disais : il a dû bien préparer son coup. Eh non ! La magie de l’improvisation était palpable. Alors que les images défilent, le piano nous berce, nous porte, nous emporte, à travers les scènes noires et blanches. Aujourd’hui aussi, il faudrait que des salles laissent ouvertes certaines séances à l’impro. Certains films n’auraient ainsi pas de musique et nécessiteraient la présence d’un musicien ou d’un groupe lors de la projection. Une belle façon de faire vivre la musique et le cinéma. Ah, je rêve parfois d’une belle vie de cinéphile. Les films n’auraient pas tous le même format. Les salles, certaines seraient vides et silencieuses comme pour un concert, d’autres permettraient de se restaurer en regardant le film. Chiquer – puisque la cigarette est presque morte - en voyant un film beau et en écoutant un pianiste, un saxophoniste ou un flûtiste improviser… Telle est la belle vie de cinéphile que j’imagine. Les pianistes ont des dons magnifiques : il faudrait leur donner plus d’occasions de les déployer, de les partager avec le grand public.

13.02.2008

personnages à la croisée des chemins réels et virtuels

Un petit post pour remercier les acteurs réguliers des romanphotos de VillaBar. Ceux qui, venus une fois, reviennent assidûment camper leurs personnages. Outre Ondine Frager et Jean-Pierre Bret, qui étaient là dès le début de l’aventure… et qui campent depuis le début Lilas L.S. Snuk la mystérieuse et John Peshran-Boor le rocker déjanté.

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On a William Fontaine, élégant Andreï Tarkov, flic honnête dans Ginna l’empoisonneuse, Boxeur chevaleresque dans Piège brutal et dandy fantômatique dans Que la mort nous rassemble.
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Boris Bérard est Stanislas Tichy, truand épouvantable, mais, bien que l’on tente d’échapper à une telle attirance, très attachant. On ne peut s’empêcher de vouloir que tout se termine bien pour lui, malgré ses crapuleries. Peut-être parce qu’il est courageux. Peut-être parce qu’il fait partie de ces personnages hors la loi et hors les mœurs qu’on aurait rêvé d’être ou de croiser…
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Inès et Emaé Berlet, sœurs dans la vie et sœurs ennemies dans VillaBar. Elles ont été crées par Mathieu Granier pour le romanphoto Ginna l’empoisonneuse, bien que le visage d’Emaé Berlet apparaît furtivement dans le Retour de Bob Mushran. Elles reviennent en force pour jouer les gouvernantes de la villa de Lilas L.S. Snuk dans Que la mort nous rassemble.
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Nicolas campe un William Spade fort sympathique malgré ses lâchetés (il laisse tomber Lilas à la fin de Ginna l’empoisonneuse).
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Wieslawa Tolko est Yeux Noirs. Son rôle lui va si bien qu’on ne l’appelle plus que Yeux Noirs, et beaucoup de gens ignorent son vrai prénom. Le même regard traverse tous les romanphotos, quel que soit le déguisement (minette sans foi ni loi dans le Retour de Bob Mushran, Russe blanche dans Piège brutal, fantômatique vamp dans Que la mort nous rassemble…)
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Et tous les autres… Car en dehors des romanphotos, ces personnages et d’autres continuent leur vie sur le blog des personnages de VillaBar. Les auteurs des romanphotos puisent au blog comme le blog puise aux romanphotographiques. Certains personnages, nés sur le blog, ont été récupérés pour les romanphotos. D’autres, nés dans un romanphoto, ont glissé vers le blog. Les personnages de VillaBar sont tributaires de leurs acteurs, c'est-à-dire des gens qui viennent à VillaBar le troisième dimanche du mois, entre 19h et 22h. Certains ne sont venus qu’une fois. On aimerait bien les faire vivre encore, on les attend, on les espère. Telle Joan Yufitran, que personne n’a reconnue sur les photos : qui se cache derrière la belle Joan ?
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Le saura-t-on un jour ? Elle est venue à VillaBar en décembre, a été photographiée, est née comme Joan Yufitran sur le blog et on n’a plus jamais entendu parler d’elle. Si vous la connaissez, dites-le ! Dites-lui qu’elle est la belle Joan Yufitran et qu’on a besoin d’elle pour rehausser le bonheur de son frère Miles (joué par le scénariste Mathieu Granier). Je cite Joan mais d’autres inconnus ont prêté leur visage une fois… et nous guettons leur éventuel retour. Le romanphoto écrit par Iris Ducorps a été mis en ligne ce matin sur le site de VillaBar. C’est le premier romanphoto entièrement noir et blanc de VillaBar. Une histoire de cauchemar fantomatique, ou de fantômes cauchemardesques. Heureusement, l’enfer n’est jamais très loin du paradis. C’est ce que comprend le héros Stanislas Tichy, ou du moins, c’est ce que j’ai compris en lisant l’histoire.

11.02.2008

Qui est John Peshran-Boor ?

ab5c031d7176e7d2a50e6be10e6afaf3.jpg John Peshran-Boor alias Jean-Pierre Bret et Venexiana Atlantica par Olivier Estord John Peshran-Boor est né au début des années 2000 sur un document d’ordinateur. C’était une nouvelle écrite en vrac. Puis John Peshran-Boor est sorti de l’ordinateur après un long temps de silence. Il en est sorti pour se faire prendre en photos. Pendant deux soirs, nous avons réalisé des photos dans la chambre de Sam, transformée pour l’occasion en antre mal famée. Les héros enfumés de ce romanphoto John Peshran-Boor sont interprétés par Jean-Pierre Bret (John Peshran-Boor), Ondine Frager (la narratrice, qui n’avait pas encore de nom), Florence de Courtenay, Sara et Susanne Nies (les prostituées), Xavier Guillois, Nathan Bellaïche, Samuel de Cornulier, les malfrats du bar. Les photographes étaient Sara et moi. Pour trouver le grand John, j’avais pris mon courage à deux mains, et, au milieu du cours de piano que je prenais au centre Saint-Michel, j’ai interrompu mon prof pour lui demander si cela l’intéressait de participer à une œuvre (informelle) commune… Il a dit oui. Nous nous sommes rendus compte ensuite que les initiales de Jean-Pierre Bret et de John Peshran-Boor sont les mêmes… Doit-on dire John Peshran-Boor alias Jean-Pierre Bret ou Jean-Pierre Bret alias John Peshran-Boor ? Grand silence à nouveau. John Peshran-Boor est sorti un an plus tard dans le journal d’AlmaSoror. Grand silence à nouveau, sauf que John Peshran-Boor était lisible, et lu, en ligne. Puis nous lançâmes en octobre 2007, VillaBar, l’art de bar libre et gratuit, au Piston Pélican. Chaque troisième dimanche du mois, chacun est invité à venir boire un verre ou manger une tarte au Piston Pélican entre 19 heures et 22 heures. Des photographes prennent des photos de la soirée, qui se déroule selon un thème. Ensuite, une sélection de photos est donnée à un auteur, qui pond un texte. Le résultat, un romanphoto, sort sur le site de VillaBar et dans le journal d’AlmaSoror du mois suivant, puis est exposé à la lecture au Piston Pélican. Comme j’étais la première auteur de VillaBar, et que les deux acteurs principaux de John Peshran-Boor étaient présents, j’ai décidé d’écrire la suite de John. Le personnage d’Ondine Frager a reçu un nom, Lilas L.S. Snuk. L’auteur du VillaBar suivant, Mathieu Granier, a repris la suite. L’auteur du VillaBar suivant, Sara,a repris la suite. Il était devenu évident que VillaBar et la série John Peshran-Boor s’étaient mariés. L’auteur suivant, Iris Ducorps, a repris la suite. Antonio Zamrora, qui va écrire le prochain, reprendra le flambeau. Depuis le début de VillaBar, voici les thèmes des soirées et les titres des romanphotos écrits : Octobre. Thème : mariage décadent. Romanphoto : Le retour de Bob Mushran. Novembre. Thème : POLAR : Espionnage durant la guerre froide. Romanphoto : Ginna l’empoisonneuse. Décembre. Thème : Ring : boxeurs, parieurs et groupies. Romanphoto : Piège brutal. Janvier. Thème : Le banquet annuel des fantômes. Romanphoto : Que la mort nous rassemble. Le thème du VillaBar de février est Conte pour enfants. Venez partager cette expérience le dimanche 17 février 2008 au bar du Piston Pélican, 15, rue de Bagnolet, Paris, Métro Alex Dumas. Entre 19h et 22h.